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> Out of Africa : art artisanat et design > Photographies de Michel Eisenlohr > Marché de noël artistique et africain > du 28 novembre 2006 au 13 janvier 2007 > vernissage le 6 décembre 2006 |
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Photographie en Afrique de l’Ouest
"Photographe d’inspiration classique, je travaille depuis 4 ans dans le domaine de la photographie de voyage, sous la forme de carnets de voyages. Amoureux de l’Afrique de l’Ouest depuis 1998, j’ai effectué un périple de 2 mois en octobre-decembre 2004 de la frontière du Ghana, a travers le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie. Mon travail présenté est le fruit de cet itinéraire africain.
Ce qui m’intéresse dans ce travail d’auteur, c’est la frontière approchée en photographie entre des « éléments » similaires et opposés, à la fois esthétiques et intellectuels. Frontière tout d’abord entre la matière photographique résolument classique qui m’a nourri et la photographie dite plasticienne en couleur, poussé dans ses extrêmes retranchements dans la lumière et la saturation de l’image. (travail effectué à la prise de vue) La photographie couleur exagérée ainsi rejoint en quelque sorte le noir et blanc. Frontière aussi entre l’image fixe inhérente à l’acte photographie et le mouvement propre au sujet photographié. Frontière aussi plastique entre la photographie et la peinture ou les deux se confondent et se rejoignent. Et puis frontière intellectuelle entre l’idée que le photographe peut avoir de ces destinations lointaines et la part de réalité qu’il découvre. La destination finalement importe peu, ce qui compte c’est la sensation d’être dans un ailleurs, flou et distant qui est l’essence de la perte des repères dans le voyage.
L’acte photographique devient en quelque sorte un outil de recherche et de compréhension d’un monde que le photographe voyageur appréhende mais ne saisit pas totalement. Les photographies deviennent flottantes, ne démontre pas, ouvrent une porte dans l’imaginaire du spectateur.
A travers ce travail d’instantanés, je veux croire ou faire croire que la photographie est une connaissance intime de la perte, une connaissance personnelle de l’impossibilité de posséder.Devant la fugacité des instants qui s‘offrent à ses yeux, le photographe est face à un monde qui ne lui apartient pas , mais qu’il capture. D'ou un sentiment parfois douloureux de prendre au vol par touches successives et fugitives le réel qui disparaît aussitôt.
Au coeur de ce travail, la présence humaine est importante, l'être dans toute sa fragilité et sa fuite. Présence le plus souvent évoqué et suggérée, peut être par peur ou par pudeur devant elle, comme ce miroir qui me mettrait face à mes propres faiblesses. Traces de vie, qui se dessinent et s’impriment : couleurs et lumières s’imposent alors, picturales pour une écriture élégiaque."
« Parfois enveloppées d’une atmosphère allusive, d’où se dégage la vision de l’invisible reflet des émotions, les photos de Michel Eisenlohr peuvent fonctionner comme des métaphores visuelles, en ce qu’elles permettent le passage d’un fragment de réalité à une dimension autre, située au-delà de toute construction représentative aussi bien que descriptive du réel encadré.
A la manière des énoncés métaphoriques, les photos de Michel Eisenlohr écrivent des instants mais pour en dépasser les données manifestes, ce qui correspondrait à un véritable déplacement du sens littéral en faveur d’une évocation, où tous les éléments convergent pour créer de nouvelles perspectives de lecture. Ce mouvement transitoire se réalise d’une part par la maîtrise de la technique que le photographe exploite en particulier lors de la prise de vue, et d’autre part par une série de détails se constituant comme les enjeux mêmes de l’appareil métaphorique en question.
Dans le premier cas, l’attention extrême portée à l’écriture d’une fusion presque alchimique entre l’ombre et la lumière permet au photographe de circonscrire l’image dans un espace en perpétuelle métamorphose, dans la mesure où le travail accompli sur la couleur et le noir et le blanc, tout en accentuant les contrastes, aboutit à une sorte de vaporisation des éléments représentés. C’est ainsi que l’image se met à flotter, produisant une graduelle modification de ce que nous voyons au profit de ce que nous pourrions percevoir. Par ses manipulations techniques toujours rigoureuses, Michel Eisenlohr enlève au réel tout réalisme à travers la création d’images où la lumière s’infiltre en creusant l’ombre, où l’ombre surgit sculptée par les réverbérations de la lumière, où encore l’ombre et la lumière fondent et se confondent, dépouillant ainsi les différents éléments photographiés d’une netteté qui les rendraient en revanche trop descriptifs ».
M.Vecciarelli, docteur en Lettres Modernes
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Site web Michel Eisenlhor
http://micheleisenlohr.free.fr
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